En août, que l’on privilégie les plages de galets ou les lagons turquoise, les grands espaces américains ou les glaciers de l’Arctique, la moiteur de la forêt tropicale ou la fraîcheur des alpages, partout, on s’échappe loin des foules. Découvrez notre sélection de dix destinations.
Malaisie : Bornéo
Au carrefour entre Java, la péninsule malaise, l’archipel des Philippines et les îles Célèbes, Bornéo est la troisième plus grande île du monde – juste après le Groenland et la Nouvelle-Guinée. Palétuviers, mousses et fougères géantes, lianes qui serpentent en spirale entre les arbres... Sa forêt tropicale humide compte parmi les plus anciennes de la planète et sert de refuge aux derniers orangs-outans. Les singes nasiques socialisent entre les branches, tandis que les calaos planent au-dessus des grands arbres en émettant des cris sonores. On y voit aussi des macaques à longue queue, des éléphants nains et des chats-léopards : Bornéo est une arche de Noé ! Il y fait chaud de janvier à décembre, il y pleut toute l’année. Mais en août, les pluies sont peu abondantes. On part en famille, les enfants fabriquent des sarbacanes, jouent aux explorateurs dans la jungle et observent des mammifères jusque-là inconnus. Dans les villages, ils adorent partager un repas servi dans des grandes feuilles de bananiers et se balancer dans un hamac sous une maison sur pilotis.
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Slovénie
Nichée au cœur de l'Europe centrale, entre Alpes et Adriatique, la Slovénie est l’un des pays les plus verts du continent. En août, sur les berges de la Ljubljanica, sur les pelouses du parc Tivoli ou aux terrasses des cafés, Ljubljana fourmille de monde : les habitants de la capitale se donnent rendez-vous pour profiter du soleil. On peut faire comme eux pour explorer, à pied ou à vélo (la voiture est bannie de la ville depuis le début des années 2000) et les touristes en moins, cette « petite Prague », ses églises baroques, ses anciens palais, ses bâtiments Art nouveau et les édifices de l’architecte phare de la ville, Joze Plecnik. Ensuite, cap sur le lac de Bled. L’ancienne villégiature des Habsbourg est une merveille posée au pied des Alpes juliennes, avec en son centre l’unique île de Slovénie et, sur l’île, la belle église de l’Assomption, où l’on admire une madone en bois du XVe siècle. Sur ses rives et ses eaux émeraude, plages, kayaks et paddles, chemins de randonnées, pour un été au calme dans les Alpes.
Olivier Romano
Cap-Vert
En août, on part au Cap-Vert pour randonner sur les volcans et visiter des phares de bout du monde. Perdu dans l’Atlantique à 400 km au large des côtes sénégalaises, l’archipel est une terre métissée, entre Afrique occidentale et Amérique latine. On atterrit sur l’île de São Vicente, à Mindelo, ville natale de Cesária Évora : maisons aux murs roses, mauves ou vert d'eau, palais rococo, palmiers et bougainvillées en pagaille, moiteur tropicale. Sur la plage, des grappes d’enfants disputent des parties de football qui donnent aux rivages des airs de Copacabana. À une heure en ferry, Santo Antão, île couronnée de nuages, striée de cultures en terrasse, est verte et sauvage. De crêtes escarpées en à-pics sur l’océan, les sentiers de randonnée se dessinent à flanc de falaise, entre ciel et terre. Un minuscule bimoteur permet de rejoindre le petit aéroport du monde et l’île volcanique de Fogo : plages de sable noir, falaises de lave noire, et des terres généreuses sur lesquelles abondent papayers et caféiers.
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États-Unis : Nouveau-Mexique
Le Nouveau-Mexique, c’est un autre Far West, pour un road-trip américain estival loin des foules. L’ancien territoire des Navajos et des Apaches est l’un des États les moins peuplés de l’union ; il offre aussi le plus américain des paysages, entre mémoires indiennes, influences hispaniques et iconographie Grand Ouest. On aime ses paysages lunaires, ses grands espaces, ses canyons et ses déserts, ses villes fantômes, ses pueblos et ses missions jésuites. On adore ses galeries d’art et ses musées au milieu de nulle part. À Santa Fe, devenue l’un des centres culturels majeurs du pays, on visite le musée consacré à la peintre Georgia O’Keeffe et, non loin de là, à Abiquiu, la maison en adobe où elle passa les dernières années de sa vie.
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Mozambique
Lagon turquoise, plages farine, ondoiements des cocotiers : le Mozambique offre sans conteste les plus belles plages du continent africain. Loin du tourisme de masse, le paradis se mérite : il faut faire escale à Johannesburg, prendre un avion pour Vilankulo, au sud du pays, puis rejoindre par la mer l’archipel de Bazaruto, sanctuaire protégé par une aire marine et un parc national. Là, seul le ballet des boutres sur l’océan Indien déchire l'infiniment bleu. Il suffit d’un masque et d’un tuba pour admirer dans des eaux idéalement claires des cohortes de poissons outrageusement colorés. Une croisière au large permet d’observer des dauphins, des requins baleines et même le très rare dugong, qui pâture dans les anses désertes. En août, on voit aussi les baleines à bosse, qui longent les côtes mozambicaines lors de leur migration annuelle.
Pie Aerts
Argentine
Capitale sud-américaine aux allures européennes, avec ses larges avenues haussmanniennes, Buenos Aires possède un charme fou qui se décline au fil de ses 38 quartiers, de San Telmo à Palermo, chez ses antiquaires et dans ses cafés Art déco. En août, la capitale argentine célèbre le tango : le festival international impulse dans toute la ville une atmosphère de fête. La péninsule de Valdés est un tout autre monde, écosystème d'importance mondiale pour la préservation des mammifères marins. Sur un petit territoire de 3600 km², loin de tout, un refuge pour les éléphants de mer, les manchots, les otaries à crinière, les orques, les baleines et, côté terrestre, de drôles d’animaux qu’on n’a jamais vu ailleurs : les mara (une sorte de chien à tête de lapin), les tara ou autres moufettes. Ici, face à l’océan Atlantique, terre ocre et ciel bleu vif, un sentiment pur de finis terræ.
Lucy Laucht
Groenland
Le saviez-vous ? En été, les températures sont plutôt douces au Groenland – jusqu’à 15°C en journée. Les jours ne se terminent jamais et la lumière est unique sous le soleil de minuit. Terre de démesure, l’île-continent abrite les plus grands glaciers de l’hémisphère nord et le fjord le plus long au monde. Dans la baie de Disko, banquise et montagnes immaculées à perte de vue, ciel bleu, immense et pur, silence absolu rompu seulement par le grondement des icebergs. En croisière sous le soleil de minuit, on observe les icebergs turquoise qui se détachent et tombent avec fracas dans la mer. En kayak de mer, on voit des phoques et des macareux. Un été pas comme les autres.
Olivier Romano
Irlande
En août, on fuit la canicule, on s’en va en Irlande, par les landes et les falaises. On parcourt les collines de karst et les plages de galets du Burren ; les falaises noires de Moher, avec leurs oiseaux marins. On arpente le Kerry, ses plages infinies, ses à-pics, ses minuscules villages. Sur la péninsule de Dingle, des collines verdoyantes, des prés clos par des haies vives, des kilomètres de sable. Les enfants adorent le full irish breakfast – bacon, saucisses, œufs brouillés – et les donuts au chocolat, les oiseaux de mer et les moutons à tête noire, les châteaux en ruines et la long room de Trinity College – on dirait la bibliothèque de Harry Potter !
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Portugal : le Nord
Accrochée à une falaise, profil sculpté en escalier sur le fleuve Douro, Porto est une ville à taille humaine, où l’on déambule de marchés en grandes Maisons de Porto, d’églises baroques en édifices Art nouveau. Ensuite, on file dans la Vallée du Douro, dans l’arrière-pays, loin des foules. Les vignes accrochées à la montagne descendent en paliers vers le fleuve, les maisons blanches s’alignent sur les crêtes. On aime l’hospitalité de ses habitants et les assiettes colorées partagées à l’ombre d’une tonnelle : entre maisons d’hôtes et domaines viticoles, l’été conjugue art de vivre et gastronomie.
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Danemark
Copenhague n’est pas seulement l’une des capitales les plus stimulantes d’Europe, c’est aussi une ville facile à vivre, avec ses kilomètres de pistes cyclables, ses quartiers aux airs de village, ses marchés en plein air et ses boutiques design – et sa proximité avec la mer : à Kastrup Sobad, on peut piquer une tête dans la Baltique. À Aarhus, dans l’ancien quartier de Mollestein, les maisons de pêcheurs aux façades pastel sont fleuries de roses trémières et de rosiers anciens. Ailleurs, les friches industrielles ont été reconverties en espaces culturels ; on déambule de cantine populaire en ateliers fanzine. Le Danemark, ce sont aussi des milliers de kilomètres de côtes et des centaines d’îles qui leur font face. Dans le Jutland, le mois d’août est ensoleillé et chaud, et les plages infinies, qu’on a la chance de parcourir sans trop de monde. De balades à vélo en sortie en mer pour observer les phoques, l’été danois a un charme fou.
Mette Johnsen/visit Denmark
Par
MARION OSMONT
Photographie de couverture : Pie Aerts